Le cinéma basque en pleine dynamique

Alors que plusieurs films tournés au Pays basque sont actuellement sur les écrans, la filière cinématographique locale s’organise pour se consolider, développer les savoir-faire et soutenir les auteurs.

Publié le 13-09-2021

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Pas moins de quatre longs-métrages basques sont proposés au public dans les salles du territoire. « Attarabi et Mikelats » est le neuvième film du réalisateur français d’origine américaine Eugène Green. Tourné en langue basque, c’est l’adaptation d’un mythe local dans un contexte contemporain. « Nora » de la réalisatrice basque-espagnole Lara Izagirre a été tourné, également en langue basque, entre Hendaye, Ciboure et Saint-Jean-de-Luz. Présenté comme un road-movie, ce long-métrage suit le voyage initiatique de Nora, 30 ans, qui décide de prendre la route pour redonner du sens à sa vie. « Les sorcières d'Akelarre » tourné en grande partie en langue basque par le réalisateur argentin Pablo Agüero est un film historique. En 1609, six jeunes femmes sont arrêtées et accusées d’avoir participé à une cérémonie diabolique. « Les sorcières d'Akelarre » ont remporté cinq Goya. Enfin, « Anti » de Josu Martinez est également à l’affiche. L’histoire se situe en 1919 à Bizkarsoro, petit village bas-navarrais. L’école interdit aux enfants de parler en basque et les punit s'ils usent de leur langue maternelle. Ils sont signalés à l’école par un objet appelé « anti ».

 

Une montée en puissance

Tournés en langue basque et doublés ou sous-titrés en espagnol ou français, ces films sont des productions internationales. Aux sociétés de production françaises, belges, argentines et espagnoles se sont associés des producteurs locaux comme Jokin Etcheverria et sa société La Fidèle Production pour « Nora » et « Les sorcières d'Akelarre ». Jouant dans « Attarabi et Mikelats », Thierry Biscary, chanteur mais aussi comédien, témoigne du dynamisme du cinéma basque : « On voit ces dernières années qu’il y a un intérêt des grandes métropoles comme Paris ou Madrid pour la production cinématographique basque. La profession et le public en saluent les créations, des films du Pays basque ont été primés. Il se passe quelque chose de fort, c’était déjà le cas dans les années 80/90, mais là,  il y a une montée en puissance. Reste à en observer néanmoins la réalité économique avec les producteurs ».

Le Pays basque nord a toujours été une terre de tournage. Son activité audiovisuelle et cinématographique est en cours de structuration selon le constat de l’association Zukugailua. Créée en 2020, Zukugailua (« la centrifugeuse » en français) rassemble des professionnels de la filière cinématographique du Pays basque nord.  « L’association réunit toutes les personnes ayant un lien avec le processus de création cinématographique. L’objectif est de consolider et développer la filière par la formation, la mise en réseau, la sensibilisation du public, l’accompagnement de projets  » résume Ximun Carrere, l’un des 14 membres fondateurs de l’association. Des premières résidences d’écritures et des ateliers cinéma ont déjà été organisés par Zukugailua et des rencontres professionnelles sont  prévues pour l’automne. La dynamique du cinéma basque est bien réelle.

 

 

Image d'illustration

Crédit photographique : Communauté Pays Basque - V. Biard

 

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