Elsa Oliarj-Ines : sur des airs sauvages

©N.Mollo/Agence Photomobile
La jeune réalisatrice Elsa Oliarj-Inès ausculte, au travers de deux documentaires sensibles, la culture et l’âme souletines.

Il y a de la poésie dans ses documentaires. Y transpirent l’émotion et un attachement viscéral à la Soule. Pourtant, jeune, Elsa est partie quand les autres sont restés. C’est ce questionnement à l’enracinement qui transparait au travers de deux oeuvres, sensibles, réalisées en plein cœur de Basabürüa. Au commencement, il y a ce bout de femme dont les parents décident de s’ancrer en terre basque. Elle avait six mois.  « J’ai suivi l’ikastola, où j’ai appris le souletin, mais mes parents n’avaient pas les mêmes liens ancestraux à cette terre que les parents de mes amis. J’ai un enracinement personnel, mais pas les racines familiales. Cela crée une certaine liberté dans l’approche. »  « Je suis partie, ils sont restés », répète-t-elle à l’envi dans son film.

 « J’ai voulu savoir comment l’on fait pour rester là où on a toujours été. » Cette soif de comprendre l’a poussée à ausculter l’âme de cette terre, ses traditions que défendent déjà avec force ses amis de 25 ans. Son premier documentaire, intitulé « Dans leur jeunesse il y a du passé » retrace la vie de ses amis restés au pays. Rester parce que le village devient un idéal. « Rester, pour ne pas couper le lien qui nous rattache au sol » décrit avec pudeur l’un de ces jeunes ancrés ici, «  parce que tout est là . » Une fenêtre empreinte de bienveillance sur une jeunesse attachée à ses traditions, et témoignant d’une vitalité et d’une modernité incroyables.

Ce premier travail ne pouvait annoncer qu’un second. Fin 2017, Elsa propose une nouvelle évocation de cette Soule singulière au travers de « Basahaideak - Les Airs sauvages » (1), sélectionné au dernier FIPA de Biarritz. Caméra à l’épaule, elle a suivi son frère musicien Oihan sur les traces de chanteurs souletins faisant perdurer les Basahaideak, ces chants souvent sans paroles que les orbes des rapaces inspirent au berger en estive. Oihan leur a proposé des arrangements sonores, dans le respect du chant originel. Dans l’album « Oihaneko Zühainetan », les versions revisitent ces airs avec des arrangements jazz, rock, pop.

Après une diffusion du documentaire aux Rencontres sur les docks de l’Atalante, d’autres sont prévues dans l’année en terre basque. Pour se laisser emporter sur ces airs sauvages.

(1) Coproduction Point du Jour, Aldudarrak Bideo, France 3 Nouvelle Aquitaine.

+ d’infos sur www.oihanekozuhainetan.com

A lire la version en basque et à retrouver dans le magazine Bask Info de juin 2018. 

©N.Mollo/Agence Photomobile 

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