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3 septembre 2026
À Tardets-Sorholus, Elsa Oliarj-Inès et Bastien Cosson façonnent Artetxe, un centre d’art contemporain. Ce lieu hybride de création ouvre grand les fenêtres sur l’art depuis la Soule, en proposant concerts, performances, expositions... Celle, estivale, signée de l’artiste argentine Fernanda Laguna est à découvrir jusque fin novembre.
Mise à jour : 24 août 2026
Le long du Saison bat le cœur d’Artetxe, le centre d’art contemporain de la Soule, ouvert à l’été 2024. Là, dans l’ancienne coopérative agricole de Tardets, un lieu culturel s’invente selon les désirs d’un couple épris d’art et de liberté : Bastien Cosson, peintre-plasticien d’Urcuit, et Elsa Oliarj-Ines, cinéaste de Tardets. À 37 ans, le duo fait vivre ce centre dédié aux arts visuels et à l’art contemporain, ancré dans cette terre de Basabürü et ouvert au monde.

D’un déclic…
Elsa et Bastien ont vécu « intensément » plus de 15 ans à Paris. Dans leur salon de 9m2, artistes, responsables de fondations, se croisent au gré des expositions organisées avec leur association Palette Terre. En 2024, alors en quête d’un logement plus grand à Paris, ils découvrent la photo d‘un vaste hangar à… Tardets. « Un déclic. On s’est vite projeté dans cet espace et dans une vie en Haute-Soule », disent de concert Bastien et Elsa. Les volumes bruts se prêtent à leur ambition. Un chantier participatif les module en deux salles d’exposition, un atelier d’artiste, un café-associatif assorti d’une librairie. La première exposition « Bilan carbone et taux de croissance » donne le ton : elle montre le lien entre la précarité des artistes et des paysans. Car Artetxe se veut aussi en prise avec les questionnements de la vie rurale. D’autres évènements suivent.
Ouvrir les fenêtres vers l’art
« Notre ambition est d’ouvrir les fenêtres vers l’art et de faire que les gens d’ici se sentent invités à y rentrer, glisse le duo d’artistes. L’idée est de remettre l’art contemporain dans un endroit situé, car il est toujours hors sol : à New York, Berlin, Paris, Tokyo, aspiré par le monde globalisé. Nous proposons l’inverse en partant d’un endroit lié à sa terre et ouvert aux artistes d’ailleurs. » Le couple souhaite aussi « créer un écosystème » avec les écoles d’art de Bayonne, Pau, Bordeaux. « Nous avons monté des workshops avec des étudiants des Beaux-Arts pour imaginer d’autres possibles que celui de « monter à Paris ». » Ils veulent faire d’Artetxe « un laboratoire reconnu » tel une école avec un post-diplôme, pour que les jeunes s’installent ici et puissent vivre de leur art. « La ruralité offre des atouts : du temps, de l’espace pour créer, notamment en basque », souligne Elsa.

Rester en phase
« Avec Artetxe, nous continuons à être ce que nous sommes, à privilégier la mixité et à réunir des gens qui nous ressemblent, comme ces jeunes libraires d’Hendaye qui se sont installés ici pour tenir l’espace librairie dans le café. »
Bastien et Elsa parlent beaucoup du plaisir de prendre le temps pour voir une exposition, découvrir des auteurs... Des temps forts sont autant d’invites à le faire : la performance d’Itxaro Borda dans le cadre de Bekat’Uros en avril dernier, l’exposition estivale « El sol sobre el sol sobre el sol » de l’artiste argentine Fernanda Laguna et de son compagnon paysagiste Andres Politano, jusqu’au 26 novembre. Cette artiste est une référence de l’art contemporain, outre-Atlantique.
Une autre proposition ravira les visiteurs. Le collectif Üztaldia propose désormais ses produits fermiers depuis les locaux d’Artetxe.
Enfin, une salle de projection d’une cinquantaine de places et l’appartement destiné aux résidences d’artistes devraient voir le jour.