Au cœur de la pastorale junior de Chéraute

En marge de la pastorale Lurdes Iriondo organisée à Chéraute fin juillet, l’école publique bilingue Gaztelaia donne vie à sa mini pastorale Bi ama alhaba askatü nahian. Depuis mars, une centaine d’écoliers répètent, heureux d’honorer la mémoire de deux résistantes. Le fruit de leur travail sera dévoilé le 26 juin, à Chéraute.

Mise à jour : 5 juin 2026

En fin de matinée ce vendredi 29 mai, la cour de l’école Gaztelaia de Chéraute s’anime des airs d’une pastorale. Au centre, Bettan Jonet de l’association Berritza, donne les consignes scéniques à plus d’une soixantaine d’écoliers, alternant avec allégresse souletin et français. « Il nous reste un mois avant le spectacle ! C’est bien, mais il faut continuer. L’important, c’est de garder les lignes ! » lance-t-il aux acteurs de cette pastorale junior Bi ama alhaba askatü nahian, qui sera donnée à Chéraute le 26 juin, presque un mois avant celle de leurs aînés. 

Une centaine d’enfants devenus acteurs 

Depuis mars, « quand le temps le permet », les répétitions hebdomadaires suivent un même rituel. La centaine d’écoliers âgés de 3 à 11 ans, venus de Chéraute-Hoquy, Moncayolle, Saint-Blaise, Roquiague et Berrogain-Laruns, se retrouvent par roulement pour peaufiner chants et pas propres à ce théâtre traditionnel de plein air. 

Ce jour-là, Bixente, Hugo, Lorea, Joañe, Sarah, Louis, ont à cœur de donner vie à cette histoire rappelant le passé de femmes ordinaires « extraordinaires ». « Pour choisir les personnages de cette pastorale, notre équipe éducative s’est notamment rapprochée de Robert Elissondo, professeur du lycée de Chéraute », indique la directrice Pantxika Etcheber-Urruty. 

Alors que la pastorale des adultes narrera la vie de la chanteuse engagée Lurdes Iriondo, celle des enfants mettra en lumière Marie et Marie-Louise Lasserre, une mère et sa fille, résistantes. 

Depuis leur hôtel de L’Hôpital-Saint-Blaise, elles faisaient le lien entre les villageois et les maquisards. Le 27 juin 1944, elles sont arrêtées par les troupes d’occupation et envoyées dans les tristement célèbres camps de Ravensbrück et Sachsenhausen, d’où, par bonheur, elles reviendront. 

Une aventure collective 

Les enfants ont été « touchés » par leur histoire lors d’une journée immersive passée au cœur de ce village. « Elles ont été capturées et envoyées en déportation, contrainte aux travaux forcés ! », s’émeut Louis. À onze ans, Kattalin est heureuse d’honorer « ces dames qui ont fait du bien autour d’elles ». Quand Lucas, autre enfant de Chéraute, savoure d’apprendre l’histoire de Soule, en même temps que les codes d’une pastorale. 
Leur enthousiasme est sincère. Il suffit de les voir entonner les chants de groupe, intégrés au spectacle par Soizic Pineau de l’École de musique de Soule : Ama, dans la version d’Etxahun Iruri et celle de Mikel Laboa, ou encore le chant Hala ere de Lurdes Iriondo.  

La mise en scène est signée par Berritza. Le texte par Julien Lucuix, l’un des enseignants bascophones, lequel s’est inspiré des recherches de Robert Elissondo, de l’association Ikerzaleak de Mauléon.

Il a tenu « à mettre en avant des revendications féministes et la lutte contre le fascisme, pour faire le lien avec la pastorale Lurdes Iriondo des sœurs Casamayou-Elkegarai ». 
Les autres enseignants sont également de la partie - Amaia, Oihana, Elena, Pantxika, Maritxu, Sophie -, comme les villageois, les parents...

« Quelques répétitions seront encore nécessaires avant le 26 juin », sourit Bettan. Mais l’errejent (le metteur en scène) se dit déjà heureux de l’implication des enfants : « Je veux qu’ils prennent plaisir à chanter en souletin, à s’inscrire dans les pas de leurs aînés, et surtout, qu’ils soient fiers d’eux. »  

Le 26 juin, leur pastorale junior sera donnée en deux temps : le matin aux écoles de Soule, l’après-midi, aux parents et personnalités du village. Un mois avant que la pastorale Lurdes Iriondo n’enflamme Chéraute, les 19, 24 et 26 juillet.