COALITION, Art, écologie et territoires : l’expo choc du DIDAM en faveur de l’écologie

L’exposition du Didam interpelle. « COALITION, Art, écologie et territoires » met en lumière la vitalité de la scène artistique engagée. Quatorze artistes contemporains bousculent, poussent à réfléchir, à s’engager dans des actions de protection et de reconnexion à la nature. Entrée libre jusqu’au 13 septembre.

Mise à jour : 11 août 2026

« Si on n’y prend pas garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement, sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme ». C’est ce qu’écrivait George Sand en… 1872. Les artistes ont toujours interpellé face à l’avenir ou à l’urgence climatique. Avec l’exposition du Didam à Bayonne, COALITION, Art, écologie et territoires, quatorze artistes engagés bousculent, poussent à réfléchir, à s’engager dans des actions de protection et de reconnexion à la nature.

Quand l’art se nourrit d’expéditions scientifiques

Dans la première galerie, au thème évocateur : No limit : rendre visible l’invisible, cinq artistes contemporains présentent des œuvres nourries de recherches scientifiques.

Cedrus deodara, signée Lélia Demoisy, donne à palper la douleur ressentie lorsqu’un être vivant disparaît. C’est ce qu’elle a vécu quand le vieux cèdre de l’Himalaya du jardin familial, a été abattu. Alors, à l’aide de cônes, d’écorce, de pollen, de troncs de pin, elle a façonné un arbre suspendu, sorte de vertèbre animale flottant dans l’air.

Au mur, des photographies en noir et blanc lui répondent. Ce sont là les traces du polluant « noir de carbone » qu’Anaïs Tondeur a pisté depuis l’île de Fair, entre les Orcades et les Shetlands. Munie d’un appareil photo, et d’un masque FFP2, elle a suivi en sens inverse la trajectoire de ces nanoparticules identifiées par des physiciens d’atmosphère à… 1 350km de l’île, dans le port de Folkestone.

« C’est fascinant, estime Léa Magud, médiatrice du Didam. Chaque jour, l’artiste a photographié le ciel, filtré les particules traversant son masque qu’elle a extraites dans un bain d’ions pour les transformer en encre. » Utilisée pour imprimer les photographies, l’encre a rendu visible le polluant.  

Au travers de « bactériographies », Lara Tabet a déposé des bactéries cultivées à partir d’échantillons d’eau de fleuves, sur du film photographique. Micro-organismes et celluloïd ont ainsi créé des paysages.  

C’est en haute montagne, à plus de 2000m que Charlotte Gautier van Tour s’est inspirée. Quand la prolifération de microalgues confère à la neige une teinte rouge à l’origine de l’expression « le sang des glaciers ». Ces pigments rouges - molécules antioxydantes - apparaissent l’été lorsque l’algue verte est stressée par une forte luminosité et la réverbération. Pour ce projet, elle collabore avec des chercheurs de la mission ALPAGA. 

Se reconnecter au vivant 

D’autres artistes retissent un lien intime avec le vivant. « Nous entrons dans un univers plus poétique et méditatif », glisse Amandine Chaput, responsable des lieux.  

Au mur, l’œuvre flottante de Louis Guillaume : Éclosion de bourre de peuplier noir, alerte sur la disparition programmée de cet arbre alors que sa matière cotonneuse, légère et thermo active, pourrait compléter le coton.

Pauline Rip évoque elle l’elficologie, l’éco-fée qui aiderait à aborder la crise climatique sous un angle différent. Dans une ambiance empruntant au chamanisme, Sandra Lorenzi propose un moment de méditation pour rejoindre les esprits de la nature.

« Tous entendent transformer notre rapport au vivant par d’autres vérités, afin de mieux utiliser les ressources de la terre », indique Léa Magud. 
Certains appellent à l’action et à la résistance. Avec son projet Herbier Résistant Rosa Luxemburg, Paula Valero Comín rend hommage à l’herbier de prison que la militante a esquissé dans des carnets. Un mode de résistance, lié à son rapport à la nature, qu’elle considère comme source de liberté et fondement de ce que l’on appelle aujourd’hui la pensée écologique. S’en inspirant, l’artiste offre des portraits noir et blanc répondant à des esquisses de plantes.

Des œuvres du Muséum d’histoire naturelle ou des protocoles de connexion à la nature, complètent l’à-propos. Prochaines visites guidées les 29 août et 12 septembre, projection du film de Vincent Munier : le Chant des forêts, à l’Atalante, le 10 septembre.  De quoi clôturer en beauté cette parenthèse venue rappeler combien l’homme, la nature, les animaux, le vivant, sont liés et doivent prendre soin les uns des autres.

Infos pratiques

L’exposition gratuite, portée par le fonds de dotation Indarra, l’association COAL, la Ville de Bayonne, est visible jusqu’au 13 septembre quai de Lesseps. Infos sur didam.bayonne.fr et sur le livret de présentation instructif : https://view.genially.com/69f0a7627d3ebdcf9a89db89 
 

En ce moment