Contre l’herbe de la Pampa, la mobilisation citoyenne prend racine

Portés par Open Lande Nouvelle-Aquitaine, les chantiers d’arrachage d'herbe de la Pampa se multiplient au Pays Basque. L’association mobilise toutes les énergies pour lutter contre cette espèce exotique envahissante devenue un fléau écologique et sanitaire.

Mise à jour : 21 mai 2026

C’est un objet de décoration que l’on retrouve encore dans nos intérieurs et nos jardins. Pourtant, l’herbe de la Pampa n’a rien d’une espèce anodine. Elle est même interdite en France depuis 2023 ! Avec son association Communauté Open Lande, Benoit Dandine veut faire de la lutte contre cette plante envahissante une grande cause commune.

Un désastre écologique

En plus de prendre la place de la végétation locale, l’indésirable Pampa a de nombreux impacts négatifs sur notre santé et notre environnement. Elle n’a aucun intérêt écologique et appauvrit les milieux dans lesquels elle s'installe, précise le militant écologiste. Comme elle vient de l’hémisphère Sud, sa pollinisation est plus tardive, vers mi-juillet, ce qui prolonge aussi les périodes d’allergies aux graminées. Pour s'attaquer à ce fléau écologique et sanitaire, il a lancé l’an dernier les premiers chantiers d’arrachage collectifs « Bye bye pampa » ouverts aux citoyens, aux entreprises ou aux collectivités publiques. Mais on ne fait pas que déraciner, on replante derrière des espèces autochtones pour faire revenir la biodiversité, précise Sophie Pecqueur, qui a repris les rênes du projet depuis janvier.

S'allier pour mieux lutter 

Ce mardi matin, les deux organisateurs retrouvent une dizaine de bénévoles à Biarritz sur un ancien lieu de stockage de déchets du bâtiment, reconverti par la Ville en jardin pédagogique. Autour des plants de légumes et des arbres fruitiers, l’herbe de la Pampa se fond dans la végétation. Thomas Pioline est étudiant en sciences politiques à Montpellier et met à profit son année de césure pour soutenir des actions environnementales. Grâce à ces chantiers, j’ai découvert qu’il existait des espèces exotiques invasives et je me suis rendu compte aussi de l’ampleur du problème. Demain, il voudrait prolonger cet engagement dans l’administration publique ou pour une ONG. Si je suis amené à faire des lois, je saurai de quoi je parle ! 

Elle aussi est venue mettre la main à la pâte et apprendre. Récemment élue à Arbonne aux dernières municipales, Isabelle Charrin est en charge notamment des questions environnementales. Le combat contre l’herbe de la Pampa est une priorité de la majorité municipale. C’est un vrai enjeu, il y en a partout. Mais on ne veut pas être donneurs de leçons, alors on vient d’abord sur le terrain pour voir comment ça fonctionne et ensuite mieux conseiller, défend la nouvelle adjointe. Elle aimerait reproduire ce type d’initiatives sur sa commune pour créer des moments de convivialité et aider les personnes qui ne peuvent pas le faire dans leur jardin à se débarrasser de ces herbes.

Essaimer sur le territoire tout en réenchantant le vivre-ensemble, c’est tout le sens de la mission d’Open Lande. Soutenue par la Communauté Pays Basque dans le cadre de l’appel à projets « Transition écologique et énergétique », l’association a déjà mené près d’une quarantaine de chantiers participatifs et veut encore accélérer le mouvement. On lance un nouveau format plus court, sur le modèle des run club, qu’on a baptisé Pampa club. On vient pour faire du sport en participant à une séance d’arrachage et après on profite d’un moment convivial autour d’un café ou d’une bière, explique Sophie Pecqueur. Open Lande a aussi créé la Coalition Régénération Biodiversité Pays basque, une alliance qui fédère les différents acteurs du territoire pour mettre en œuvre des actions mieux coordonnées. Il faut qu’on agisse tous de la même manière et qu’on synchronise nos interventions pour régler définitivement le problème, conclue optimiste Benoit Dandine.

Un projet pilote européen contre la Pampa

LIFE COOPCORTADERIA, c’est le nom du projet européen de lutte contre l’Herbe de la Pampa auquel participent le Portugal, l’Espagne et la France. Pour la Nouvelle-Aquitaine, c’est le Conservatoire d’Espaces Naturels basé à Urt qui en est le chef de file. On essaie d’abord de mobiliser les acteurs locaux pour qu’ils prennent conscience de la problématique pour pouvoir ensuite organiser un plan de gestion, explique son chargé de mission, Maxime Guénard. Toute structure, publique ou privée, peut adhérer au programme Life et bénéficier de l’appui technique du Conservatoire. Nous pouvons mettre à disposition des cartographies pour aider à identifier les zones touchées mais aussi conseiller sur les meilleurs procédés à mettre en œuvre pour éradiquer la plante, en fonction des contextes. Le projet court jusqu’en 2028.

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