Épisode 2 - Des colis de Noël pour soutenir les ikastola et les producteurs de Soule

Depuis plus de vingt ans, les deux ikastola de Soule s’associent pour l’opération Ikaskoli. Elles confectionnent à Noël des coffrets cadeaux avec des produits locaux pour financer leurs écoles mais aussi soutenir les producteurs souletins.

Mise à jour : 9 décembre 2025

Avec les ikaskoli, elles ont trouvé le cadeau idéal à mettre sous le sapin. Chaque année, depuis plus de 20 ans, les deux ikastola de Chéraute et d’Alos proposent à Noël des coffrets découverte de produits locaux. Du fromage, des tisanes, des pâtes, de la charcuterie, des jus, des confitures, des gâteaux secs... « Que du bon ! Nous valorisons uniquement des productions artisanales, locales et de qualité », précise Argitxu Ourthiague, l’une des membres de la commission qui porte l’opération.

Une double bonne action

L’initiative remonte au début des années 2000. Pour se développer, les ikastola de Soule cherchent de nouvelles rentrées d’argent. « Les gens ne le savent pas toujours mais dans nos écoles immersives (ikastola), seuls les professeurs sont payés par l’Éducation Nationale. Tout le reste - les assistantes maternelles, les agents d’entretien, le matériel de classe, les sorties scolaires, etc. - dépend de l’activité bénévole. » Parmi les parents d’élèves ou le réseau proche, beaucoup travaillent dans le secteur agricole. Les ikaskoli, c’est l’assurance de faire une double bonne action, en soutenant à la fois les paysans souletins et la langue basque. Au fil des années, une machinerie bien rodée se met en place. A chaque rentrée scolaire, le bureau exécutif d’ikaskoli se réunit pour imaginer le contenu des paquets. Pour plaire au plus grand nombre, les organisateurs essaient de s’adapter aux différentes demandes. « On a lancé il y a peu de temps des colis sans viande, par exemple, ou des colis uniquement bio », décrit Jean-Marc Cazanave, un autre membre de la commission. Une fois les coffrets définis, ils sont mis en vente sur le site Internet de l’opération qui reste ouvert jusqu’à fin novembre.

Une grande chaîne de solidarité

L’an dernier, près de 2500 ikaskoli ont été écoulés. Un succès qui grandit un peu plus chaque année. « Aujourd’hui, le dispositif est bien calibré par rapport à nos moyens, on ne pourrait pas faire beaucoup plus », tempèrent les organisateurs. Car la confection et l’acheminement des commandes doit pouvoir suivre derrière. Pour envoyer les cadeaux en temps et en heure, les familles des deux ikastola se retrouvent pendant toute une journée, quelques semaines avant le début des fêtes. « C’est un vrai marathon mais aussi un moment de convivialité qu’on partage tous ensemble. Ça nous permet de créer des liens entre parents, d’apprendre à mieux nous connaître », apprécie Argitxu Ourthiague. Chacun a un poste bien défini. Il y a ceux qui remplissent les colis, ceux qui les emballent et ceux qui iront les livrer. Près de cent lieux de retrait sont aujourd’hui partenaires de l’opération, une majorité au Pays Basque Sud d’où sont passées l’essentiel des commandes. Tous sont bénévoles, comme Sébastien Aguer qui tient le restaurant Zamaia à Bayonne. Souletin lui aussi, il a rejoint le mouvement il y a quatre ans, par conviction. « Je trouve le concept génial, ce sont des produits de qualité qui aident en plus les enfants de Soule. » Chaque année, il sert une vingtaine de clients. « On a un bon de commande, je vérifie simplement l’identité des personnes. C’est très rapide ! »

Cette grande chaîne de solidarité qui s’est formée entre des producteurs, des commerçants et des acheteurs anonymes, c’est sans doute ce qui rend ces parents d’élèves les plus fiers aujourd’hui. « Sans cette aide, nous ne pourrions pas boucler nos budgets », explique Jean-Marc Cazanave. Une générosité qu’ils tentent de rendre à leur tour en s’impliquant dans la vie culturelle du territoire. « Pour des ventes de talos, des repas, des tournois de mus. On organise aussi chaque année une pièce de théâtre, un triathlon. Dès qu’il s’agit de valoriser la langue basque, nous essayons de répondre présents », concluent les deux volontaires.

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