Episode 2 - « La force du modèle pastoral basque, c’est la solidarité qui existe entre les villages »

Meredith Welch-Devine est une anthropologue américaine reconnue. Arrivée au Pays Basque en 2006, elle tombe amoureuse de la région et décide de consacrer ses recherches au devenir du modèle agropastoral basque. Elle nous raconte son parcours et les travaux qu'elle continue de mener.

Mise à jour : 22 juillet 2025

Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la montagne basque ? 

J’ai grandi dans une famille d'agriculteurs au Texas. Là-bas, le monde rural a été complètement détruit et remplacé par des immeubles ou des grands centres commerciaux. Ça m’a donné envie de comprendre comment défendre ces cultures. Je suis arrivé à Aussurucq en 2006 pour une thèse sur le dispositif Natura 2000. J’ai été fascinée par le modèle agropastoral basque où la nature et les activités de l’homme sont totalement imbriquées. L’idée du programme de recherche est venue en échangeant avec des éleveurs de Soule. La question qui a émergé était la suivante : à quoi pourrait ressembler le pastoralisme basque dans 50 ans ? 

Justement, comment voyez-vous l’agropastoralisme basque dans le futur ? 

L’étude est encore en cours. Elle se termine en 2027. Elle mobilise des chercheurs de toutes disciplines : anthropologues, spécialistes des sols, du climat, modélisateurs. Son but n’est pas de prédire un futur car il y en a plusieurs possibles. Nous sommes là pour aider à mieux comprendre le système, les interactions entre les pratiques agropastorales, le milieu naturel, le climat, les politiques publiques et proposer des outils pour le faire évoluer. Mais c’est aux habitants et aux élus locaux de décider du devenir de leur territoire.

Êtes-vous confiante dans sa capacité à s’adapter ? 

Oui, totalement. Les défis à relever sont nombreux : rendre le métier attractif pour les jeunes générations, maintenir les savoir-faire, s’adapter aux effets du changement climatique. Mais la force du modèle basque, c’est sa culture rurale très profondément ancrée, la solidarité qui existe depuis toujours entre les bergers et entre les villages, la volonté commune de préserver les ressources. Les gens sont fiers de ce patrimoine et le défendent. Mais ils savent aussi le faire évoluer et ne sont pas figés dans le passé. Ce n’est pas un hasard si le Pays Basque est une des régions d’Europe où le taux d’installation est le plus élevé.

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Cet article est extrait du Magazine Pays Basque n°8 de la Communauté Pays Basque