Le Conservatoire Maurice-Ravel fête ses 150 ans
9 octobre 2026
Engagé dans une ambitieuse démarche de développement durable, le collège angloy a transformé sa cour et ses abords en havre de biodiversité. Des espaces où les élèves goutent aux plaisirs de la nature en ville tout en mettant en pratique les notions abordées en classe. A l’initiative du projet, la documentaliste Lucile Labonne nous a convié à une visite des lieux avec des élèves de l’atelier jardinage.
Mise à jour : 6 octobre 2026
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
Cette devise bien connue du chimiste Lavoisier aurait toute sa place sur les murs du collège Endarra d’Anglet. Depuis plusieurs années, l’établissement a engagé une démarche écologique exemplaire, portée par l’énergie communicative d’une poignée d’enseignants et de sa documentaliste, Lucile Labonne.

Un hectare de biodiversité en pleine ville
L’entrée dans la cour de récréation donne le ton. L’endroit, en grande partie végétalisé, dénote des habituelles surfaces de jeu bétonnées. Mais c’est sur les extérieurs que la transformation est la plus étonnante. Ici, avant, il n’y avait pas grand-chose, hormis quelques arbres et de l’herbe
, décrit Lucile Labonne, en montrant une carte de l’enceinte du collège. Avec l’aide et l’impulsion de l’association Bio Divers Cité, qui œuvre pour la renaturation des villes, l’idée est née d’en faire un havre de biodiversité. L’aventure démarre en pleine période Covid. Les adolescents, confinés la majorité du temps, avaient besoin de sortir des murs, de respirer
, se souvient la référente. Sur plus d’un hectare, l’équipe de bénévoles, collégiens et professeurs confondus, aménage un verger, une mare, une zone sèche, un poulailler et quelques mètres plus loin, un jardin partagé avec les habitants du quartier Quintaou et quelques parents d’élèves. Ce sont les jeunes qui ont presque tout réalisé eux-mêmes
, explique, non sans fierté, Lucile Labonne. Ils ont appris à planter des arbres, à pailler, à entretenir un potager, à faire du compost, du foin et même des semis.
Pour cette fille d’agronome à la science débordante, créer ce lien avec la nature dès le plus jeune âge est primordial. Ici, on comprend que tous les êtres vivants sont importants. Les insectes qui pollinisent les plantes, les petites bêtes qui entretiennent le sol, le sol qui fait pousser les plantes, les plantes qui nous nourrissent... Et ce n’est pas parce qu’on est en ville, qu’il ne peut pas y avoir de biodiversité !
Au départ, la transition bouscule quelques habitudes. Avant, on rasait les pelouses et on amenait les déchets verts en déchèterie. Maintenant, on laisse juste des chemins pour circuler.
Les restes de tonte sont revalorisés pour pailler et les épluchures de la cantine ou le marc de café de la salle des profs finissent au compost. Les branches d’arbres et les bouts de bois servent à construire des clôtures naturelles ou des nichoirs à oiseaux. Les pierres deviennent des abris pour les petits animaux. Et pour arroser les plantes, l’établissement a installé un récupérateur d’eau de pluie. On travaille aussi sur le stress hydrique, en expliquant qu’il est bon de limiter l’arrosage au maximum
, ajoute Lucile Labonne.

Un refuge pour les élèves
Pour Soan, Sarah, Kelya ou Juliane, tous volontaires à l’atelier jardinage, l’endroit est devenu comme un refuge. Quatre ans qu’ils viennent ici presque tous les jours ramasser les œufs des deux poules naines, leurs mascottes, retourner le compost pour l’oxygéner ou récolter les légumes et les fruits mûrs tombés des arbres. Il y a beaucoup de bruit partout dans l’école, ici on est au calme, c’est tranquillisant
, apprécie Sarah. La plupart d’entre eux vivent en appartement et trouvent dans cet espace de verdure un terrain de jeu dépaysant. J’ai découvert plein d’espèces que je ne connaissais pas
, raconte Soan. On a appris à prendre soin de la terre
, ajoute Juliane. Les lieux servent aussi de mini laboratoire pour les professeurs. Les enseignants de SVT et de physique-chimie viennent faire des observations du vivant ou des relevés dans la marre pour analyser ensuite la qualité de l’eau
, détaille Lucile Labonne. Une complémentarité avec le travail réalisé en classe qui profite aux élèves, selon elle. L’apprentissage marche encore mieux quand on manipule, qu’on réfléchit et qu’on arrive à la conclusion par soi-même.
Jamais à court d’idées, cet esprit curieux et touche-à-tout imagine chaque année de nouvelles activités et sorties scolaires, en lien avec le tissu associatif local. Un programme baptisé « Mes traces sur la planète » qui parle de jardin et de biodiversité mais aussi de consommations d’eau, de qualité de l’air, d’agriculture raisonnée et même d’astronomie. On a une chance extraordinaire
, conclue Juliane. Ce n’est pas comme ça dans tous les collèges.
En fin d’année, ils quitteront à regret leur établissement et leur professeure favorite pour les bancs du lycée. Mais là-bas, ils espèrent pouvoir, à leur tour, transmettre ce goût des belles choses.