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19 janvier 2026
Le programme des tremplins Sport Santé a été lancé il y a quatre ans par la Maison Sport Santé Pays Basque Adour. En encourageant l’exercice physique, l’association veut permettre aux victimes de violence conjugale de dépasser leur traumatisme.
Mise à jour : 10 décembre 2025
Elles ont vécu de nombreuses années sous la domination de leur ex-conjoint et essaient aujourd’hui de se relever de cette épreuve. Pour les aider dans leur reconstruction, la Maison Sport Santé Pays Basque Adour (NDRL : une association qui a pour but d’encourager la pratique du sport pour les personnes qui en sont éloignées) a conçu un programme de remise en forme sur mesure : les tremplins Sport santé.

Le sport à la carte
Le projet est né en pleine période covid. « Avec le confinement, il y a eu une recrudescence des problèmes de couple et des appels au numéro vert, explique son directeur, Nicolas Guillet. L'unité de victimologie du Centre hospitalier de la Côte basque, qui accueille des femmes victimes de violences conjugales, ne proposait pas de dispositif de ce type. Alors, nous l’avons construit avec elle. » Mais le démarrage a été plus difficile que prévu. « Beaucoup de personnes s’engageaient mais ne venaient pas aux rendez-vous. Et on peut le comprendre, elles ont souvent un quotidien compliqué et le sport n’est pas leur priorité. » Pour faciliter l’intégration, les organisateurs ont assoupli le système, en proposant une formule à la carte avec, au choix, des activités découverte sur une demi-journée qui peuvent se partager avec leurs enfants, des cycles d’apprentissage sur quelques séances ou des fils rouges à l’année. Ils ont aussi ouvert des créneaux en soirée. « Le plus important, c’est de les amener au premier cours. Une fois qu’elles y ont gouté, elles prennent plaisir et veulent revenir. »
Pratiquer sans être jugée
C’est le cas de Laëtitia. Entrée dans le programme il y a deux ans, elle a déjà essayé l’équithérapie, le surf et le yoga. Ce mardi matin dans une petite salle de gym d’Anglet, elle est venue tester la boxe émotion. L’emprise de son ancienne vie a laissé des traces physiques et psychologiques. Elle souffre de fibromyalgie et ne peut plus travailler. Ces stages sont autant de petits pas dans son processus de reconstruction. « Grâce à ces activités, j’ai retrouvé petit à petit confiance en moi. J’ai appris à mieux me connaître et comprendre mon corps ! » Au-delà de la pratique sportive, elle a aussi découvert une forme de sororité. « On rencontre des personnes qui ont vécu les mêmes histoires et ça fait du bien de ne pas se sentir isolée. Ici, personne ne nous juge. »
A côté d’elle dans la pièce, Astrid découvre le dispositif. « J’étais impatiente de venir », explique la jeune maman qui se bat pour faire reconnaître le droit de garde sur son enfant et l‘éloigner de son ex-mari qu’elle accuse de violences psychologiques. Une situation qu’elle a beaucoup médiatisée mais qui entretient une colère sourde qu’elle n’arrive pas à libérer. Sur le sac de frappe, elle lâche ses coups avec énergie. Progressivement, ses douleurs du dos et de la nuque se dissipent. « D’habitude, je me bats avec les mots, là ça fait du bien de se battre avec les poings. »

Comme elles, elles sont déjà 130 femmes à avoir participé à cette expérimentation. Après les 12 mois d’accompagnement, entièrement financés par la Maison Sport Santé, la plupart des candidates témoignent des effets bénéfiques de l’activité physique sur l'estime d’elles-mêmes, leurs troubles anxieux ou dépressifs. Certaines ont même sauté le pas et se sont inscrites dans un club ou une salle de sport. « C’est tout l’enjeu des tremplins, de les voir voler de leurs propres ailes », souligne Nicolas Guillet. Grâce au soutien de la Fondation de France, le dispositif s’est élargi l’an dernier aux mineurs victimes de violence familiale. « Un public pour qui nous voulons construire un accompagnement spécifique », conclut-il, en rappelant que toute personne en souffrance peut tout à fait contacter l'association.
19 janvier 2026
Du 01 janvier au 31 décembre