Une soirée autour du chant basque à Saint-Jean-de-Luz
11 février 2026
Objet d’art chargé d’histoire et de sens, le makila est bien plus qu’un symbole figé du Pays Basque. Transmis de génération en génération, il continue aujourd’hui à accompagner les marcheurs. A la tête d'un atelier de fabrication bicentenaire, Liza Bergara nous raconte les secrets de ce savoir-faire montagnard ancestral.
Mise à jour : 22 juillet 2025
D’une simple branche de néflier naîtra un objet unique, habité par le temps et transformé par les savoir-faire. Avant de frapper les cailloux des chemins basques de sa pointe, le makila aura franchi de nombreuses étapes pour parvenir à son état final. « Les peaux de cuirs deviennent des poignées tressées, le bois le corps du makila, les plaques de métal des viroles ornementées », détaille Liza Bergara depuis son atelier de Larressore. Héritière de sept générations et plus de deux cents ans de fabricants de makilas, elle assure à son tour la production de ce bâton de marche indissociable du paysage basque : « Les modes de fabrication n’ont que très peu évolué, aucune tâche n’est automatisée, on ne dépend d’aucune machine et d’aucun sous-traitant », explique-t-elle. Le meilleur moyen pour conserver et perpétuer un héritage fait de gestes, de transmission orale et de détails polis par les siècles.
L’usage et la fonction
Bâton de marche avant tout, la fonction originelle du makila était de soulager les déplacements, « d’où sa taille, décrypte Liza. C’est un bâton sur lequel on s’appuie, il prend son sens s’il est bas et c’est pour ça qu’il n’existe pas de makila standard, chacun est fabriqué au poids et à la taille du futur propriétaire. » Un usage qui persiste aujourd’hui, l’essentiel de la production étant dédié à accompagner les promenades et randonnées plus qu’à des fins honorifiques ou décoratives. Et si la valeur d’arme défensive du makila a elle un peu disparu, les chemins étant désormais plus sûrs qu’auparavant, la présence d’une pointe dans le manche demeure.
Un long processus
En ce mois de juin, pour Liza, c’est l’heure de la scarification des branches de néfliers : « Six mois avant de couper les branches arrivées à maturité, nous les marquons à l’aide de petits rouleaux pour les décorer. » Après dix ans de pousse, ces bouts de bois passeront ensuite une décennie de plus à sécher, tout en étant soumis à un processus de teinte tenu secret. Les artisans pourront alors enfin redresser le bois, donner forme au métal du pommeau, au cuir de la poignée, graver initiales et ornements avant d’assembler le tout. Un partenaire de route est né, unique et infatigable.
Voir tous les épisodes du dossier
Cet article est extrait du Magazine Pays Basque n°8 de la Communauté Pays Basque
