La poésie dansée de Bilaka à découvrir avec les spectacles Bezperan et Dirau

Deux spectacles de Bilaka donnent l’occasion d’apprécier l’univers poétique de ce collectif détonant, en prise avec les aspirations et les craintes de sa génération. Bezperan et Dirau, deux univers créatifs, deux formats : l’un joué dans les théâtres, l’autre dans la rue. Comme un retour aux sources.

Mise à jour : 12 mai 2026

Avec sa dernière création Dirau qui sera dévoilée le 23 mai à Hendaye, le collectif Bilaka revient à l’essence même de ce qui le caractérise. 

Après une certaine frénésie créative – Gernika, les Petites mythologies, Ilauna, Bezperan –, les chorégraphes-interprètes ont eu besoin de revenir à la source. Ils explorent un langage chorégraphique sans artifices pour revenir au plus proche des spectateurs. Une démarche inspirée par Anne Teresa De Keersmaeker : « my walking is my dancing : comme je marche, je danse ».   

« Nous avions aussi l’envie de retrouver la rue, de proposer un spectacle dans des espaces non dédiés, hors des théâtres et des scènes classiques pour renouer avec un esprit participatif cher au collectif », explique Xabi Etcheverry, l’un des musiciens du collectif. 

Avec ce contact direct, la pièce interprétée par quatre danseurs et un musicien fait du public un complice. L’énergie vitale déployée par la compagnie se retrouve au travers d’une danse montant en pression, et d’une musique entremêlant les rythmiques typiques (zortziko, banako….).

Bezperan : une ode à la nature 

Pour leur spectacle Bezperan, « le jour d’avant » en basque, aujourd’hui en fin de tournée, ce sont 12 interprètes qui se retrouvent sur scène : huit danseurs et quatre musiciens. 

Ils racontent l’histoire de ces femmes et de ces hommes qui, un soir d’hiver, dans le silence de la vie qui n’est plus, vont parler aux abeilles pour les rassurer. La mise en scène de Daniel San Pedro commence par cette veillée funèbre, respectant la tradition d’annoncer la mort aux abeilles pour qu’elles continuent à donner leur cire. 

« Bezperan, c’est une ode à la nature, et une mise en garde, ajoute le musicien. Nous montrons le lien qui nous unit aux abeilles et alertons sur leur disparition, et sur les drames liés au réchauffement climatique. » D’où une musique et une danse de l’urgence, sauvage, rythmique, presque violente. Comme un désir de réveiller les hommes en même temps que la terre. 

Voilà dix ans que la compagnie revisite la tradition avec ses codes, sa sensibilité. Chaque jour, elle apprécie de pouvoir créer en terre basque, depuis le studio Oldeak de la Cité des Arts à Bayonne, mis à disposition par la Communauté Pays Basque. Elle sait aussi compter sur le soutien de partenaires culturels, dont la Scène Nationale du Sud Aquitain, le CCN Malandain Ballet Biarritz…, pour diffuser son œuvre, ici et ailleurs. 

Pratique 

Après Saint-Jean-de-Luz, du 5 au 7 mai derniers, Bezperan sera joué à Mauléon le 17 septembre ; Saint-Jean-Pied-de-Port le 19 mai septembre. 
En septembre, lors du Temps d’Aimer de Biarritz, Bezperan et Dirau seront tous deux programmés. 
La première de Dirau sera jouée le 23 mai au Festival du Mai du théâtre de Hendaye (l’avant-première a lieu au lycée Etxepare de Bayonne le 21 mai).
Suivra une longue tournée. Les dates seront à retrouver sur leur site internet et sur la page Facebook