Les Cosmophonies, un temps fort culturel autour des langues du monde

Avec Les Cosmophonies, la Scène Nationale du Sud aquitain rend hommage aux langues rares et menacées. Spectacles, chants, performances, causerie, ateliers participatifs et journée de la langue occitane sont programmés jusqu’au 15 mars à Bayonne, Anglet et Saint-Jean-de-Luz.

Mise à jour : 23 mars 2026

Jusqu’au 15 mars, les langues du monde fragilisées, les parlers vernaculaires, les accents du quotidien seront célébrés lors des Cosmophonies. « Nous avons choisi de mettre en avant ces langues minorisées, menacées de disparition ou en situation de fragilité, soit en raison de l’hégémonie d’une langue dominante, soit du fait de la colonisation ou encore du changement climatique », indique Damien Godet, directeur de la Scène Nationale et du Sud Aquitain. Sur les 7 000 langues parlées à travers le monde, la moitié pourrait disparaître d’ici la fin du XXIe siècle. La corrélation est évidente entre leur disparition et celle des écosystèmes impactés par le réchauffement climatique, acculant des populations à l’exil, et à terme, à oublier, voire effacer leur langue maternelle. 

Ce temps fort rend hommage à ces langues dites « minoritaires », ces oralités menacées, dont les artistes ici engagés « chérissent la richesse, le génie, l’inventivité ». 

Un acte de résistance 

Pour Damien Godet, « ce temps fort est un acte de résistance par rapport à ces langues et accents menacés ». Cinq spectacles résonnent entre eux en évoquant leur histoire.

Après le spectacle Parler pointu de Benjamin Tholozan le 8 mars dernier, l’artiste argentin Tiziano Cruz, révélation du festival d’Avignon 2024, renoue avec sa langue maternelle quechua, dans un spectacle poétique Wayqeycuna, donné les 10 et 11 mars au théâtre Michel-Portal de Bayonne. Un spectacle sous forme de « rituel de réconciliation », où l’artiste échangera des pains préparés lors d’ateliers. Une pratique ancestrale visant à honorer les morts. 

Le 13 mars, dans Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour, le comédien-conteur vendéen Yannick Jaulin envisage lui aussi son spectacle comme une tentative de réparation. Il rendra hommage au patois parlanjhe qui lui est cher, menacé d’extinction. Dans une causerie à la médiathèque de Bayonne, ces deux artistes réhabiliteront ces langues blessées aux côtés d’Itxaro Borda. 

Le 14 mars, un spectacle deux en un sera proposé sur la scène luzienne Tanka. Xiberoa Kantuz Loraturik rendra hommage au patrimoine chanté de la Soule ; le duo Lurodei proposera un voyage poétique entre polyphonies, chants traditionnels et textures électroniques.

Le 15 mars, le théâtre Quintaou d’Anglet accueillera la chanteuse lyrique Romie Estève et d’autres artistes, pour un hommage à Marcelle Delpastre, poétesse paysanne occitane. 

Des ateliers d’initiation à la langue basque à Bayonne ou Saint-Jean-de-Luz et une journée occitane organisée le 15 mars au théâtre Quintaou d’Anglet, complètent le programme. 

Le temps fort des Cosmophonies est appelé à durer. Il reviendra en février 2027, pour rappeler que « chaque langue est un monde et que chaque monde mérite d’être entendu ». 

Le programme est à retrouver sur le site