Les pilota soro, anciens terrains de pelote basque en montagne, au cœur d’un documentaire inédit
Dans le cadre de recherches sur la pelote basque, Mikel Erramouspé et son association Aldudarrak sont tombés sur une pépite : les pilota soro, ces aires de jeu en montagne, où bergers et villageois disputaient des parties de laxoa ou de bota luze, anciennes techniques de jeu. À découvrir dans un documentaire projeté au cinéma, dans des salles, ou… chez soi.
Mise à jour : 27 janvier 2026
La collecte de la mémoire basque passionne Mikel Erramouspé et les membres de l’association culturelle Aldudarrak. Depuis Baigorry, l’ancien directeur de l’Institut Culturel Basque confie : « Les chercheurs remontent l’existence des pilota soro au néolithique, dès la présence de bergers en montagne. Ces aires de jeu naturelle se trouvaient un peu partout, d’Irati à Aralar. On y jouait jusque dans les années 1950, notamment à Garzela, à la limite entre les Aldudes et Urepel ». Depuis, la mémoire du jeu, comme celle des emplacements, s’est estompée.
Aldudarrak a décidé de restaurer ce patrimoine. À partir du livre de Jakes Cazaubon et Pierre Sabalo, « Mémoires de la pelote basque », du fonds Jose Miguel Barandiaran, et de témoignages d’anciens, Mikel Erramouspé a répertorié ces pilota soro sur les hauteurs des Aldudes, Banca, Urepel et du Pays Quint. « Nous en avons dénombré 12, en ces points de croisement entre les bergers en estive, et les habitants venus des villages », précise-t-il.
Vingt minutes pour comprendre l’histoire de la pelote basque
Le documentaire Perkainen haritik, deuxième d’une série sur la pelote basque, revient sur l’histoire des pilota soro dans une séquence d’une vingtaine de minutes. Il met notamment en avant la partie reconstituée en 2024 au pilota soro de Sorogain, avec l’aide de l’association centenaire de pelote basque, Zaharrer Segi.
« Les participants se retrouvaient sur des cols, sur des aires de près de 40 mètres, à même la pelouse. Ils jouaient, comme au tennis, en face-à-face, un peu à la manière du jeu de rebot, à la main. La pelote ne rebondissant pas, la volée était privilégiée. » Le documentaire permet aussi de remettre la lumière sur deux pratiques : laxoa (avec des gants de cuir) et bota luze (à main nue)
Ces rencontres dans les années 1950, souvent sous forme de pique-nique, agrémentées de danses, étaient de vrais moments festifs. « En retraçant l’histoire de la pelote, on comprend mieux l’organisation sociétale, pastorale, de nos vallées », confie Mikel Erramouspé.
La vidéo présente également le témoignage « exceptionnel » de Frantxoa Bidaurreta de San Francisco. « Originaire de la maison Xuminenea d’Esnazu, il se rappelait avec exactitude le Garzela de son enfance, où de nombreuses parties ont été disputées. »
Autre témoignage, celui d’Angèle Harriet d’Urepel, qui a permis de mettre un nom sur les douze joueurs de la vallée réunis sur une photographie datant de 1912.
Le documentaire visible à la demande
Une nouvelle projection du documentaire est annoncée à Banca le 1er février à 10h30… D’autres suivront dans des cinémas, salles communes, maisons de retraite, et chez les personnes âgées. « À Aldudarrak, nous estimons que la culture doit aller au plus près des gens, indique Mikel Erramouspé. Nous sommes déjà allés dans cinq familles. » Et d’insister : « Un lien est ici tissé avec les anciens, témoins d’une vie pastorale, d’usage, dans nos vallées. Ces mémoires doivent perdurer. »
Demain, Aldudarrak espère l’installation de bornes interactives au centre Amerikanoinea d’Urepel, la réhabilitation du pilota soro de Garzela. Elle invitera les comités des fêtes des trois villages à organiser une partie en estive… Et prévoit déjà, au regard de la somme d’informations collectée sur la pelote basque, de sortir deux autres documentaires. Le troisième sortira à l’automne. Il traitera du XXème siècle avec les profondes transformations du jeu de pelote.
Communes, associations, et citoyens peuvent contacter l’association : aldudarrakgmailcom