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19 janvier 2026
Dans une heureuse scénographie, le Didam retrace le parcours de Joséphine Baker, icône des Années Folles, femme libre et engagée. La superbe exposition créée par Paris-Match à l’occasion de l’entrée de l’artiste au Panthéon et enrichie d’archives militaires inédites est prolongée jusqu’au 10 mai.
Mise à jour : 23 décembre 2025
Elle était la « Vénus noire ». Mais connaissait-on vraiment Joséphine Baker ? Derrière le succès d’une icône planétaire se cache une femme engagée, résistante durant la seconde guerre mondiale, défenseure des droits civiques aux Etats-Unis.
Pour lever le voile sur ces facettes, le Didam propose l’exposition « Joséphine Baker, libre et engagée », au travers d’une scénographie en trois volets, retraçant l’artiste, la femme engagée, et la mère aimante.
À l’occasion du centenaire de son arrivée en France et des 50 ans de sa disparition, son parcours combatif est retracé au travers de l’exposition qu’avait créée Paris Match au moment de l’entrée de l’artiste au Panthéon. Aux sublimes photographies sélectionnées par Marc Brincourt de Paris-Match s’ajoutent des archives inédites prêtées par les services de la Défense.
L’icône des Années Folles
Dans une première salle, le parcours incroyable de Freda Josephine McDonald, née en 1906 dans un Missouri gangréné par la ségrégation, est évoqué. De son enfance difficile, on en saura peu. Juste comprendra-t-on la ténacité déployée pour parvenir à son rêve : Broadway. Jeune, la danseuse rejoint les premières comédies musicales à la distribution noire dans des salles new-yorkaises.
Mais c’est en France que son destin d’artiste éclot. Elle est invitée à devenir la vedette d’une comédie au théâtre des Champs-Élysées. En quelques représentations, c’est la consécration.
Joséphine Baker choisit de s’installer à Paris, considérant que la condition des personnes noires y est meilleure qu’en Amérique. Elle triomphe dans les plus belles salles, côtoie les plus grands, fête ses 50 ans à l’Olympia, devant un parterre impressionnant d’invités. Mais derrière cette stature d’icone des Années Folles vibre une femme engagée, rebelle.
Des Années Folles à la Résistance
Dans une seconde salle, le parcours de résistante de Joséphine Baker est narré au travers d’une quinzaine d’archives mises à disposition par le Service historique de la Défense et l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD).
Aux prémices de la guerre, l’artiste entend aider la France qui l’a adoptée. La Sous-lieutenant Baker s’illustre comme membre active du contre-espionnage français. Son engagement lui vaudra d’être la première femme américaine à recevoir les honneurs militaires. À sa mort, elle sera la sixième femme à entrer au Panthéon.
Lutte contre les discriminations
Joséphine Baker s’illustre encore dans la défense des droits civiques. Elle a toujours eu le racisme pour ennemi. En 1963, elle participera à la fameuse marche sur Washington aux côtés de Martin Luther King. Dans son long discours, Joséphine Baker rappelle ce qui l’a brisée : « (..) J’ai été reçue dans des palais de reines et de rois, dans des maisons de chefs d’état, mais je n’ai pas eu le droit d’entrer dans un hôtel d’Amérique, ni de demander une tasse de café. Et ça m’a rendue folle. » Elle y fait aussi une nouvelle déclaration d’amour à la France : « dans ce pays, je n’ai jamais eu peur. Ce pays était magique (…) ».
Son ouverture aux autres
Joséphine Baker a aussi lutté pour l’émancipation des femmes, contre toutes formes de discrimination.
« C’était une femme libre, flamboyante, engagée et universelle. L’inspiration que cette femme provoque est immense, glisse Amandine Chaput, responsable du Didam. Son engagement, son sens citoyen, son ouverture aux autres sont des modèles pour les jeunes. » Dans une salle dédiée à sa famille cosmopolite, sa « tribu arc en ciel » forte de douze enfants adoptés à travers les continents, les photographies sont placées à hauteur d’enfant. Une manière de les éveiller à l’acceptation de la différence, à lutter contre toute forme de racisme. Une belle résonance avec l’actualité.
Exposition à découvrir au Didam de Bayonne, quai de Lesseps, jusqu'au 10 mai 2026. Entrée libre.
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Du 01 janvier au 31 décembre