Portrait : Benjamin Levy, nouveau chef de l’Orchestre du Pays Basque

Benjamin Levy vient d’être nommé chef d’orchestre et directeur musical de l’Orchestre du Pays Basque - Iparraldeko Orkestra. À partir de septembre, il prendra la tête de la formation avec pour mission de garantir l’exigence artistique de l’ensemble tout en affirmant une identité musicale singulière.

Mise à jour : 30 janvier 2026

L’histoire de Benjamin Levy avec le Pays Basque remonte à 2013, lorsque la formation l’invitait pour la première fois à sa tête. Depuis, il a régulièrement pris part aux saisons de l’Orchestre du Pays Basque - Iparraldeko Orkestra, jusqu’à diriger les trois concerts symphoniques du Nouvel An en janvier dernier.

L’aventure est partie pour durer. En septembre 2026, Benjamin Levy quittera l’orchestre national de Cannes pour rejoindre celui du Pays Basque, en tant que chef d’orchestre et directeur musical. Il savoure : « C’est un orchestre très attachant, ça compte. Les musiciens sont le premier interlocuteur du chef d’orchestre. Dans notre relation, il faut une alchimie, comme dans un couple. »

De la joie et un esprit de confiance

« Je considère ma fonction ni plus ni moins importante que celle d’un violoniste ou d’un clarinettiste », souligne avec humilité le chef réputé, formé à Lyon et Paris. « Je dois veiller à ce que l’on puisse avoir une interprétation commune de la musique. J’espère que cette vision collaborative recevra un écho favorable. On ne peut travailler bien qu’avec des gens qui s’estiment et cultivent une certaine bienveillance les uns envers les autres. Le chef d’orchestre doit toujours y être attentif. »

Il lui tient à cœur de transmettre de la joie et ce sens de l’écoute qui jalonne son parcours : du Rotterdams Philharmonisch à l’Orchestre de la Suisse romande, de l’Orquesta Sinfónica de Euskadi au Théâtre Stanislavski de Moscou, en passant par l’Orchestre de chambre de Paris, les orchestres nationaux de Bretagne, de Montpellier ou de Toulouse, l’Icelandic Opera, sans oublier l’Orchestre de Cannes...

Un chef d’orchestre accessible

« J’aspire à être un chef d’orchestre « normal », sourit-il. Je ne dors pas en queue de pie, je suis bien ancré dans mon temps, conscient des enjeux sociétaux. » 
Ce qui l’anime avant tout : « prendre le public par la main et le faire rentrer dans les “cuisines” de l’ensemble. Lui faire partager notre goût pour les œuvres jouées. Nous, musiciens, avons la chance de côtoyer des figures bien plus grandes que nous : les compositeurs. Cette fascination mérite d’être partagée. »

Benjamin Levy souhaite également « dépoussiérer les clichés », en révélant le visage résolument contemporain des musiciens. « J’ai le souci du partage, de l’ouverture et de la proximité », poursuit-il. « Le répertoire international joué de Berlin à Bogota, de New-York à Amsterdam, en passant par Paris, constitue la richesse de l’art musical. Mais un orchestre doit aussi être l’expression de son territoire estime-t-il. Les tutelles qui le soutiennent, comme la Communauté d’Agglomération Pays Basque, peuvent y voir le moyen d’affirmer une forme de culture qui n’est pas interchangeable. Je pense à l’immense richesse de l’identité culturelle basque. »

S’il ne peut encore dévoiler la programmation, Benjamin Levy confie : « l’ouverture de ma première saison rendra hommage à des compositeurs « toqués ». Il souhaite aussi faire jouer l’orchestre dans de nouveaux lieux, impliquer le tissu social et urbain et annonce déjà que le prochain concert du Nouvel An aura une couleur très « fiesta latine » !