Un nouveau stand pédagogique pour débusquer les polluants invisibles dans l’eau
Comment parler d’une pollution qui ne se voit pas ? C'est tout l’enjeu du nouveau stand imaginé par la Water Family, en partenariat avec la Communauté d'agglomération Pays Basque. Toujours par le jeu, l’association veut sensibiliser le public aux dangers des polluants chimiques présents dans l’eau et défendre des alternatives écologiques. Ce jeudi, des élèves de Bidart ont tenté l’expérience avant une tournée du stand cet été sur le littoral basque.
Mise à jour : 13 juillet 2026
C'est un ennemi invisible, indétectable à l'œil nu et qui ne modifie ni la couleur ni l'odeur de l'eau. « C’est toute la difficulté avec les micro-polluants, explique Marion Thenet, co-présidente de la Water Family. On peut avoir une eau translucide et qui pourtant va être contaminée. »
Un nouvel outil pédagogique
Il existe aujourd’hui plus de 100 000 substances chimiques répertoriées. Résidus de médicaments, cosmétiques, produits ménagers, pesticides, solvants… autant de molécules issues de nos activités quotidiennes qui finissent leur vie dans les cours d'eau, les nappes phréatiques ou l’océan. Une fois dans l’environnement, elles s’accumulent dans les sols et les sédiments et peuvent affecter notre santé et celle des écosystèmes marins. « Mais le public est largement sous-informé et ne se rend pas compte de l’impact de ses habitudes de consommation », déplore Marion Thenet. Pour alerter et éveiller les consciences, l’association a imaginé un stand d’information dédié à la thématique, en collaboration avec la Communauté Pays Basque. Ce jeudi après-midi sur la plage de l’Uhabia, les équipes de la Water Family testent leur création pour la première fois. Autour de la grande tente colorée, des classes de CM2 de l’école publique et de l’ikastola de Bidart font office de cobayes. Le format, d’une vingtaine de minutes par groupe, a été raccourci pour l’occasion. Mais la philosophie reste toujours la même : apprendre en s’amusant.

Quand écologie rime avec économie
A travers des jeux de rôle, des défis sportifs, des quizz, les enfants décryptent les étiquettes, détectent les produits nocifs à éviter et ceux à privilégier. Les animateurs essaient aussi de combattre les idées reçues : non, un shampoing qui mousse ne lave pas mieux, au contraire, il pollue davantage. Oui, une lessive qui n’a pas d’odeur nettoie aussi bien les vêtements et sans rejeter de substances chimiques. « Il faut aussi expliquer que les stations d’épuration ne traitent pas tout. » Même si les méthodes de dépollution s’améliorent, « il est impossible d’éliminer toutes les substances chimiques. Il y en a des milliers qui sont créées chaque année, c’est un travail sans fin ! », décrit Marion Thenet. Pour cette écologiste convaincue, la prévention reste la seule manière de lutter efficacement contre ces pollutions. « C’est tout à fait possible de faire évoluer nos comportements, nous pouvons agir à la source et éviter l'introduction de nombreux polluants chimiques. Ça peut même permettre d’économiser de l’argent », insiste-t-elle.
Préserver son environnement
Adèle, 11 ans, a bien retenu la leçon. Acheter des produits avec un label qualité comme l’Écolabel EU, Ecocert, Nature et progrès, Agriculture biologique… ou mieux encore, les faire soi-même avec des ingrédients naturels, formule la plus économique. « J'aimerais remplacer mon shampoing liquide par du savon solide naturel », confie-t-elle. Pour inciter les familles à sauter le pas, la Water Family remet aux jeunes un livret pédagogique avec une série d’engagements. Une initiative qu’apprécie particulièrement Xabi Etcheverry, enseignant à l’ikastola. « C’est important qu’ils soient conscients de l’environnement dans lequel ils vivent et qu’ils sachent comment le préserver. » Il renouvellera l’expérience l’année prochaine pour illustrer le fil rouge pédagogique choisi par les professeurs « la vie d’un village côtier » mais « de manière plus concrète et ludique qu’en classe. »
Les dates des animations sont communiquées sur le site Internet de l’association.
Micropolluants, le Pays Basque à l’avant-garde
C’est un enjeu de santé publique tout autant qu’un défi écologique. Alors que la règlementation sur les polluants chimiques est encore limitée, la Communauté d'agglomération Pays Basque mène depuis de nombreuses années une politique de recherche active sur ce sujet, notamment à travers le projet européen Micropolit. Le programme teste de nouvelles solutions pour détecter les substances chimiques présentes dans l’eau, mesurer leur impact sur l’homme et les milieux naturels, améliorer leur élimination dans les stations d'épuration mais aussi inciter à limiter les rejets en amont en sensibilisant le grand public, les agriculteurs et les industriels à des pratiques plus vertueuses.