Juana et Ddiddue Etcheberry, designers souletins

Les créateurs souletins d’Owantshoozi, Juana et Ddiddue Etcheberry, ont remporté un double prix au festival de la mode de Hyères, remis par les maisons de luxe Chanel et Hermès.

2020-11-26 (e)an argitaratua

Orrialde honetan

Des déchets portés haut la tête. Le concept innovant d’Owantshoozi a fait mouche au 35e Festival international de mode et d’accessoire de mode de Hyères, fin octobre. « C’est la première fois qu’on tentait un concours. Le challenge nous a plu, il a fallu innover. » Avec leurs hauts de forme réalisés à partir de déchets, et leur bracelet tendance, les designers basques Juana et Ddiddue Etcheberry ont gagné un double prix et l’assurance d’une visibilité internationale avec une future collaboration avec la maison Chanel. « Le grand prix du jury accessoire de mode ouvre en effet cette incroyable opportunité. Nous devrions travailler dans leurs ateliers parisiens, à notre nouvelle collection. Et toujours à partir de déchets, du moins, c’est notre souhait », indique Juana Etcheberry, de retrour à Ordiarp. Le second prix Hermès des accessoires de mode « offre également de belles perspectives ». Mais trop tôt encore pour en dévoiler les coulisses.   

Pour le duo souletin, pas question pour autant de « prendre la grosse tête ». C’est en Soule qu’ils resteront créer, à Ordiarp : « C’est en Soule qu’on respire, qu’on s’éclate au niveau créatif. C’est ici qu’on a le plus de liberté, le plus d’espace. C’est avant tout un choix de vie. » Les designers resteront également fidèles à leur concept de base : réaliser des objets - notamment des casquettes - à partir de déchets, pour certains récupérés dans les déchèteries de la Communauté Pays Basque. Et toujours en privilégiant une production locale, responsable, à petite échelle afin de « privilégier la qualité ».  

Tout se transforme

« Du réseau d’approvisionnement, à la vente, en passant par la sérigraphie, nous faisons tout à quatre mains, en Soule », indiquent les trentenaires, dotés de masters dans le domaine de la mode. Et depuis 2019, leur philosophie n’a pas changé. « Nous répondons à ceux, soucieux d’avoir le moins d’impact possible sur l’environnement, sans oublier la fonctionnalité de l’objet et l’esthétique plus que singulière ». Dans leur labo-atelier, le travail commence là où les choses s’arrêtent. « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ».  

Ainsi, ils interceptent localement des objets en fin de vie et collectent des produits industriels déclassés.

En 2019 naît leur première casquette surcyclée, entièrement conçue à partir de matière récupérée localement : plastique, caoutchouc, voile de parapente…

Pour les hauts de forme « Réincarnation », présentés au festival de mode de Hyères, même principe : « la collection est une stratégie artisanale de détournement et de transformation de matières délaissées, rarement utilisées dans le monde de la mode ». Bottes en caoutchouc, pot de fleurs, voiles de parapentes, et parachutes, chambres à air, chutes de cuir, couvertures en laines, toiles de coton constituent les pièces de la collection. En référence à l’animisme et à la mythologie basque, l’âme de leurs objets constitue un élément majeur de leur création.  

Pour l’heure, dans l’attente de collaborations avec les maisons de mode renommées, leurs œuvres peuvent être découvertes dans leur atelier, sur leur site ou lors de rendez-vous de créateurs, tels que le salon « Quartier Moderne », prévu à l’espace océan d’Anglet du 20 au 22 décembre sous réserve de l'évolution sanitaire.

Un portrait à retrouver dans le dernier Bask Info aux côtés d'autres acteurs et artistes du territoire. 

Photo © E. Kirsch

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