L'occitan gascon en chiffres

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Une présence ancienne

Sur notre territoire, l’occitan gascon fût longtemps langue d’administration des entités politiques et religieuses. A partir du 12ème siècle, le latin, langue de l’administration, est ainsi localement largement supplanté par l’occitan gascon, qui sera employé jusqu’à la fin de l’époque médiévale.

En héritage de cette présence linguistique ancestrale, les noms des villes et des villages, qui connaissent une double tradition toponymique, basque et gasconne : Berorize ou Mondòri (Montory), Erreiti ou Vièlanava (Viellenave), Hiriburu ou Sent Pèr d’Irúber (Saint-Pierre-d’Irube)…

Les microtoponymes adoptent parfois eux aussi deux noms : Urzategi ou Palomèras (Bardos), Mithiña ou Veiria (Labets), Iriarte ou Miejavila (Montory) etc.

A partir du de la fin du 19ème siècle, l’occitan gascon bénéficie tout comme le basque localement d’une attention particulière des linguistes.
Ainsi, philologues et autres chercheurs en ont collecté les spécificités, afin de garder intact ce patrimoine linguistique commun.

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La situation sociolinguistique actuelle

La dernière enquête sociolinguistique a été réalisée en 2018 par le Département des Pyrénées-Atlantiques.
En plus des neuf intercommunalités du Béarn, 15 des communes occitanophones de la CAPB ont été intégrées à cette enquête : Anglet, Bardos, Bayonne, Biarritz, Bidache, Boucau, Came, Guiche, La Bastide-Clairence, Lahonce, Mouguerre, Sames, Urcuit, Urt et Villefranque.

L’échantillon dit représentatif de la population est composé de 283 personnes.

Un vivier de locuteurs restreint

  • Aujourd’hui, 5 % des habitants des communes enquêtées (environ 6 000) déclarent parler sans difficulté ou suffisamment pour tenir une conversation simple.
  • 7 % des habitants des communes enquêtées (environ 8 400) déclarent comprendre parfaitement ou facilement.

Ces chiffres, relativement bas, s’expliquent par une rupture de la transmission familiale.

Une adhésion forte de la population

Si la pratique de la langue occitane gasconne est limitée, l’adhésion de la population est belle et bien présente. Elle se manifeste par un engouement notable des habitants des communes enquêtées :

  • 41 % y sont attachés.
  • 78 % sont pour son maintien et son développement.

Porteurs d’espoir, ces chiffres manifestent un intérêt réel qu’il convient de prendre en compte. 

Source :
« Enquête sur la présence, les pratiques et la perception de la langue béarnaise/gasconne/occitane sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques »
Département des Pyrénées-Atlantiques, 2018.