Episode 3 - Bergers en transhumance : les premiers gardiens de la montagne

Perchés à 1000 mètres d’altitude, Pauline et Ellande passent la moitié de l’année avec leurs brebis sur les hauteurs du plateau d’Iraty. Une vie au rythme des saisons qu’ils partagent avec passion aux visiteurs qui veulent découvrir le quotidien d’un éleveur transhumant.

Mise à jour : 22 juillet 2025

A chaque début de printemps, c’est le grand déménagement ! Pauline et Ellande quittent leur ferme d’Ahaxe, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, pour rejoindre le plateau d’Iraty où ils resteront avec leurs bêtes jusqu’aux premières neiges d’hiver. « C’est comme notre deuxième maison, témoigne l’éleveuse. On habite là-haut une bonne partie de l’année et pour rien au monde on ne changerait de vie ! »

Un pari impossible

Pourtant, les débuts en estive sont loin d’être évidents. Quand le couple récupère en 2019 le cayolar familial (ndlr : le refuge des bergers en montagne), le confort y est rudimentaire. Pauline rêve d’y produire son fromage mais le site n’est pas équipé. « Nous sommes partis de zéro. Tout le monde nous disait que c’était de la folie », se souvient-elle. Grâce aux aides publiques et un emprunt conséquent, ils réaménagent la bâtisse, construisent un enclos pour le bétail et un local pour la fabrication du fromage. Pour cette jeune érudite, qui a passé de nombreuses années dans les fermes de l’Hexagone à étudier les savoir-faire des éleveurs, la pratique de la transhumance a toujours été une évidence. « C’est bon d’abord pour la santé des brebis, justifie-t-elle, mais c’est aussi bon pour les paysages et le tourisme. C’est en partie grâce aux bergers que la montagne est entretenue et praticable. »

Finie l'image du berger rustique

Le quotidien sur les sommets pyrénéens est calqué sur le rythme de la nature. « On se lève et on se couche avec le soleil. » Le matin, Pauline trait à la main ses 100 brebis. Les bêtes passent ensuite leur journée à arpenter les 60 hectares de terres accordées par la commission syndicale du Pays de Cize qui gère les estives sur ce secteur. Pauline est aidée par un berger salarié qui surveille les animaux pendant qu’elle prépare ses tommes. Aux visiteurs et curieux qui s’approchent, elle ouvre volontiers les portes de son cayolar. « Les gens sont surpris que l’on vive dans un certain confort. Ils ont en tête l’image du berger rustique. » Elle, veut montrer au contraire la modernité de son métier et espère qu’à travers son témoignage elle donnera au public le goût « de se reconnecter au terroir. »

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Cet article est extrait du Magazine Pays Basque n°8 de la Communauté Pays Basque 

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